Entorse de la cheville : que faire
Une entorse de la cheville est un étirement ou une déchirure des ligaments qui maintiennent l’articulation, le plus souvent quand le pied se tord brusquement vers l’intérieur. Dans les premiers jours, le repos, la glace, une compression légère et l’élévation soulagent la douleur et l’œdème, puis la guérison complète passe par des exercices d’amplitude, de force et d’équilibre. Une orthèse stabilise la cheville, mais elle ne répare pas le ligament.
Vous verrez ci-dessous les différents degrés d’entorse, ce qu’il faut faire dans les premières heures, comment se déroule la rééducation étape par étape, comment prévenir la récidive et quels signes doivent vous amener à consulter un médecin pour écarter une fracture.
Qu’est-ce qu’une entorse de la cheville ?
Une entorse de la cheville est une lésion des ligaments, ces bandes de tissu fibreux qui relient les os et stabilisent l’articulation. Elle survient lorsque la cheville dépasse son amplitude normale et que les ligaments s’étirent ou se déchirent. Les spécialistes d’OrthoInfo la décrivent comme le moment où «les ligaments solides qui soutiennent la cheville s’étirent au-delà de leurs limites et se déchirent».
Ce sont le plus souvent les ligaments de la face externe de la cheville qui sont touchés, quand le pied se tord vers l’intérieur (inversion). C’est pourquoi la douleur et le gonflement apparaissent en général sur le côté extérieur de l’articulation. Il ne faut pas confondre l’entorse avec un claquage musculaire : l’entorse touche un ligament, pas un muscle. La bonne nouvelle, c’est que selon le manuel MSD, «la plupart des entorses de la cheville sont bénignes» et se soignent par des soins à domicile.
Quels sont les degrés d’entorse de la cheville ?
On classe les entorses en trois degrés selon l’importance de l’atteinte ligamentaire. Le degré I correspond à un simple étirement, le degré II à une déchirure partielle du ligament et le degré III à une rupture complète. Plus le degré est élevé, plus la douleur, l’œdème et l’instabilité sont marqués, et plus la récupération est longue.
OrthoInfo décrit le degré I comme un «léger étirement et une déchirure microscopique des fibres du ligament», avec en général peu de douleur à l’appui. Le degré II correspond à une «déchirure partielle du ligament», avec une douleur à la marche et une légère instabilité. Le degré III est une «rupture complète du ligament», avec une douleur vive à l’appui et une nette sensation que la cheville «lâche». Le tableau ci-dessous résume ces différences.
| Degré | Ce qui arrive au ligament | Symptômes typiques | Récupération indicative |
|---|---|---|---|
| Degré I (léger) | Étirement et micro-déchirures | Douleur faible, œdème modéré, marche possible | Quelques jours |
| Degré II (modéré) | Déchirure partielle | Douleur à la marche, œdème, légère instabilité | Quelques semaines |
| Degré III (sévère) | Rupture complète | Douleur vive, gros œdème, la cheville lâche | En général 6 à 8 semaines |
L’infographie suivante résume en une seule image les degrés d’entorse, les gestes de premiers secours et les trois piliers de la rééducation.

Que faire juste après une entorse de la cheville ?
Dans les premières 48 à 72 heures, appliquez le protocole GREC (aussi appelé PRICE) : protection, repos, glace, compression et élévation du pied. Ces gestes calment la douleur et l’œdème et créent de bonnes conditions de cicatrisation. OrthoInfo recommande d’appliquer la glace «pendant 20 à 30 minutes, 3 ou 4 fois par jour» dans les jours qui suivent la blessure, jamais directement sur la peau.
- Protection et repos : ménagez la cheville et évitez l’appui douloureux les premiers jours, en vous aidant d’un soutien si besoin.
- Glace : appliquez de la glace enveloppée dans un linge, par tranches de 20 à 30 minutes, plusieurs fois par jour.
- Compression : entourez la cheville d’une bande élastique, fermement mais sans que le pied fourmille.
- Élévation : gardez le pied surélevé, idéalement au-dessus du niveau du cœur, pour drainer les liquides et faire baisser l’œdème.

Ce que vous ne faites pas les premiers jours compte tout autant. Le service de santé britannique NHS conseille d’«éviter la chaleur (bains chauds et bouillottes), l’alcool et les massages» les premiers jours, car ils augmentent le gonflement et le saignement dans les tissus. La chaleur et le massage ont leur place plus tard, en phase de rééducation, pas au début. Le NHS rappelle aussi que dès que la douleur le permet, il est bon de «continuer à bouger l’articulation» pour éviter qu’elle ne s’enraidisse.
Comment se déroule la rééducation d’une entorse de la cheville ?
Une fois la douleur et l’œdème calmés, la rééducation repose sur trois piliers : retrouver l’amplitude de mouvement, renforcer les muscles autour de la cheville et réapprendre l’équilibre. Une orthèse de stabilisation peut protéger la cheville pendant cette période. Le manuel MSD souligne qu’une «rééducation est nécessaire pour restaurer le mouvement, renforcer les muscles et améliorer l’équilibre».
Amplitude : remettre la cheville en mouvement
La première étape consiste à retrouver l’amplitude. Des exercices doux, comme «dessiner» l’alphabet avec la pointe du pied ou des mouvements lents de haut en bas, rendent à la cheville sa mobilité normale et évitent l’enraidissement. Ils se font sans douleur vive, progressivement et plusieurs fois par jour. Un mouvement précoce et contrôlé aide le ligament à cicatriser dans le bon alignement.
Force : renforcer les muscles qui soutiennent la cheville
Quand le mouvement ne fait plus mal, passez aux exercices de renforcement. On commence par des contractions isométriques (vous poussez le pied contre un point fixe sans bouger la cheville), puis avec un élastique, pour travailler les muscles qui portent le pied vers l’extérieur et l’intérieur. Des muscles forts autour de la cheville reprennent une partie de la charge du ligament et réduisent le risque que la cheville lâche de nouveau. Le pied profite aussi d’un peu d’attention le soir, comme un massage pour les pieds fatigués.
Équilibre : réentraîner la stabilité (proprioception)
Le pilier le plus souvent oublié est l’équilibre. Après une entorse, la cheville «perd» une partie de son sens de la position (la proprioception), qu’il faut réentraîner. OrthoInfo propose des exercices d’équilibre comme «se tenir sur le pied blessé, l’autre pied levé et les yeux fermés», d’abord près d’un mur, puis sans appui. Le travail de l’équilibre est en plus la meilleure protection contre une nouvelle entorse.
Orthèse de stabilisation : un soutien, pas un traitement
Une orthèse limite les mouvements de torsion qui sollicitent le ligament blessé et donne à la cheville un appui ferme pendant qu’elle cicatrise. L’orthèse PlantarCare maintient la cheville en position stable et vous apporte plus d’assurance à la marche les jours douloureux. Et voici la part honnête : l’orthèse stabilise et vous aide à bouger avec moins d’appréhension, mais elle ne répare pas le ligament à elle seule. La guérison vient avec le temps, les exercices et le réentraînement de l’équilibre. Vous trouverez d’autres modèles dans la catégorie orthèses de cheville.

Comment prévenir une nouvelle entorse de la cheville ?
La prévention la plus efficace est le travail d’équilibre et de force, poursuivi même après la disparition de la douleur. Le principal risque après une entorse est une nouvelle entorse, car un ligament plus lâche et un équilibre affaibli rendent la cheville instable. C’est précisément pourquoi les dernières semaines de rééducation, celles centrées sur l’équilibre, sont ce qui vous protège sur la durée.
Une étude clinique publiée sur PubMed a montré qu’un programme d’exercices proprioceptifs à domicile après une entorse «était associé à une réduction de 35 % du risque de récidive». Autrement dit, ces quelques minutes d’exercices d’équilibre par jour diminuent d’environ un tiers la probabilité d’une nouvelle entorse. En plus des exercices, un chaussage stable et, lors des activités à risque, le soutien d’une orthèse aident à protéger la cheville.
- Poursuivez les exercices d’équilibre même après la disparition de la douleur, quelques minutes par jour.
- Renforcez les muscles de la cheville avec un élastique, pour qu’ils reprennent la charge du ligament.
- Choisissez un chaussage stable et évitez les talons hauts sur terrain irrégulier. Si vous avez aussi mal sous le pied, voyez notre article sur la fasciite plantaire.
- Portez une orthèse pendant le sport ou sur terrain incertain, surtout les premiers mois après l’entorse.
Quand consulter un médecin pour une entorse de la cheville ?
Consultez un médecin s’il vous est impossible de vous appuyer sur le pied, si la cheville paraît déformée ou si le gonflement et la douleur sont très importants, car ces signes peuvent cacher une fracture et pas seulement une entorse. L’examen a pour but d’exclure un os cassé et de confirmer qu’il s’agit d’une lésion ligamentaire, qui se traite différemment.
Le manuel MSD indique qu’une radiographie est utile quand «la cheville ou le pied est très douloureux à certains endroits» ou quand «la personne ne peut pas s’appuyer sur le pied sans aide», aussi bien juste après la blessure qu’à l’examen. Le NHS est encore plus précis : rendez-vous aux urgences si vous avez «entendu un craquement, si le membre a changé de forme, ou en cas d’engourdissement ou de fourmillements», car «vous pourriez avoir un os cassé» nécessitant une radiographie.
- Impossibilité de s’appuyer sur le pied, juste après la blessure comme plus tard.
- Déformation visible de la cheville ou du pied.
- Gonflement et douleur très importants, qui ne cèdent pas malgré la glace et le repos.
- Craquement au moment de la blessure, engourdissement ou fourmillements dans le pied.
- Aucune amélioration après plusieurs semaines de soins à domicile.
Les mêmes règles de premiers secours et de prévention valent pour d’autres soucis du pied. Si votre gêne vient plutôt d’une peau abîmée au talon, voyez notre guide pour soigner les talons fendillés.
Foire aux questions
Combien de temps dure une entorse de la cheville ?
Cela dépend du degré. Une entorse légère passe en quelques jours, une entorse modérée en quelques semaines et une entorse sévère cicatrise en 6 à 8 semaines, voire davantage. Le travail d’équilibre se poursuit après la disparition de la douleur, pour que la cheville redevienne stable et éviter une nouvelle blessure.
Puis-je marcher après une entorse de la cheville ?
Pour une entorse légère, en général oui, dans la limite tolérée par la douleur, et un mouvement doux aide même à cicatriser. Si vous ne pouvez pas du tout vous appuyer sur le pied, ne forcez pas : c’est l’un des signes qui imposent une consultation pour écarter une fracture. Écoutez la douleur et augmentez l’appui progressivement.
Une orthèse guérit-elle une entorse de la cheville ?
Non. L’orthèse stabilise la cheville, limite les mouvements de torsion dangereux et vous rassure à la marche pendant que le ligament cicatrise, mais elle ne répare pas la lésion à elle seule. La guérison vient avec le temps, les exercices d’amplitude et de force et surtout le réentraînement de l’équilibre. L’orthèse est un soutien de cette période, pas un traitement à part entière.
Faut-il mettre du froid ou du chaud ?
Le froid s’utilise les premiers jours, quand il calme la douleur et l’œdème. Évitez au début la chaleur, les bains chauds et les massages, car ils peuvent aggraver le gonflement. Ils deviennent utiles plus tard, en phase de rééducation, quand vous travaillez l’amplitude et la force. Règle simple : le froid au début, le chaud une fois l’œdème résorbé.
Pourquoi je me fais toujours une entorse à la même cheville ?
Le plus souvent parce que la rééducation s’est arrêtée trop tôt. Après une entorse, le ligament reste plus lâche et l’équilibre affaibli, si bien que la cheville est instable. Sans exercices d’équilibre et de force, le risque de récidive reste élevé. Le travail proprioceptif réduit nettement ce risque et, lors des activités à risque, une orthèse apporte un soutien.
En bref
Une entorse de la cheville est une lésion des ligaments, le plus souvent bénigne et soignable à domicile. Les premiers jours, appliquez le protocole GREC (repos, glace, compression, élévation) et évitez la chaleur et les massages, puis suivez une rééducation en trois temps : amplitude, force et équilibre. Rappelez-vous qu’une orthèse stabilise et vous aide à bouger avec moins d’appréhension, mais qu’elle ne répare pas le ligament : ce sont les exercices et la patience qui font guérir. Et si vous ne pouvez pas vous appuyer sur le pied, si la cheville est déformée ou si l’œdème est important, consultez un médecin pour écarter une fracture.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical. Pour un diagnostic et un traitement adaptés à votre situation, consultez un médecin.
