Pieds plats chez l’adulte : causes, symptômes et solutions
Le pied plat désigne un affaissement de la voûte plantaire : la partie interne du pied, normalement creusée, s’aplatit et se rapproche du sol. Chez l’adulte, il est le plus souvent souple et indolore, mais il peut entraîner douleurs et fatigue lorsque la voûte s’effondre progressivement. Cet article détaille les causes de cet affaissement, ses conséquences sur la marche et les solutions de soutien.
Qu’est-ce qu’un pied plat ?
Un pied plat, ou pes planus, est un pied dont la voûte plantaire interne est affaissée, si bien que la quasi-totalité de la plante repose sur le sol en position debout. C’est une variante fréquente de la morphologie du pied, souvent bénigne, qui ne devient un problème que lorsqu’elle s’accompagne de douleurs ou d’une gêne à la marche.
La voûte plantaire fonctionne comme un ressort naturel : elle amortit les chocs à chaque pas et répartit le poids du corps sur le pied. Quand elle s’aplatit, cet amorti diminue et l’appui se déplace vers l’intérieur du pied. Pour mieux comprendre ce mécanisme, vous pouvez consulter notre article sur le rôle de la voûte plantaire. À l’inverse, une voûte trop creusée correspond à un pied creux, dont les conséquences sur l’appui sont différentes.
Selon le NHS, les pieds plats sont courants et, dans la majorité des cas, sans gravité : beaucoup de personnes n’en ressentent aucun symptôme toute leur vie.
Quelles sont les causes du pied plat chez l’adulte ?
Chez l’adulte, le pied plat est soit présent depuis l’enfance, soit acquis avec le temps. La cause la plus fréquente d’un affaissement qui apparaît à l’âge adulte est le dysfonctionnement du tendon tibial postérieur, le tendon qui soutient la voûte du côté interne de la cheville. D’autres facteurs comme le surpoids, l’âge, les traumatismes ou certaines maladies articulaires y contribuent.
Comme le rappelle le Manuel MSD, « le tendon du tibial postérieur permet de maintenir la courbure normale du pied ». Quand ce tendon se fragilise ou se déchire, la voûte n’est plus retenue et s’affaisse. La Cleveland Clinic identifie d’ailleurs cette dysfonction tendineuse comme la première cause de pied plat acquis à l’âge adulte.
Les principaux facteurs favorisants sont les suivants :
- Le tendon tibial postérieur fragilisé : usure progressive liée à une tension excessive et répétée.
- Le surpoids : il augmente la charge sur la voûte et favorise la pronation excessive.
- L’âge : les ligaments et les tendons perdent en élasticité au fil des années.
- Une pronation excessive : le pied roule trop vers l’intérieur à chaque pas, ce qui sollicite le tendon en permanence.
- Les traumatismes et l’arthrite : fractures, entorses répétées ou inflammation des articulations du pied.
Le type d’appui joue un rôle central. Si vous ne savez pas comment votre pied se pose au sol, notre guide sur la pronation et supination vous aide à repérer votre foulée et son impact sur la voûte.

Quels sont les symptômes et conséquences d’un pied plat ?
Un pied plat n’est pas toujours douloureux. Lorsqu’il devient symptomatique, il se manifeste par une douleur ou une fatigue du pied, surtout après une marche prolongée ou une longue station debout. La douleur se situe souvent sur le bord interne du pied et de la cheville, là où travaille le tendon tibial postérieur, et peut remonter le long de la jambe.
Les signes fréquents comprennent :
- Une douleur ou une raideur du pied et de la cheville après l’effort.
- Une sensation de fatigue rapide dans les pieds et les mollets.
- Une usure asymétrique des chaussures, plus marquée sur le bord interne.
- Un talon qui bascule vers l’intérieur et un avant-pied tourné vers l’extérieur.
Parce que le pied est la base de tout l’appui, un affaissement marqué peut avoir des répercussions plus haut dans la chaîne : la Cleveland Clinic note que les douleurs peuvent gagner le genou, la hanche ou le bas du dos lorsque l’alignement de la jambe est modifié. C’est pourquoi il vaut mieux ne pas laisser une douleur du pied s’installer durablement.
Pied plat souple ou rigide : quelle différence ?
On distingue deux grandes formes de pied plat. Le pied plat souple, le plus courant, garde une voûte visible au repos qui disparaît en appui. Le pied plat rigide, plus rare, n’a plus de voûte, que le pied soit en charge ou non. Cette distinction oriente la prise en charge et le pronostic.
| Critère | Pied plat souple | Pied plat rigide |
|---|---|---|
| Voûte au repos | Présente (pied non posé) | Absente en permanence |
| Voûte en appui | S’affaisse debout | Reste plate |
| Fréquence | La plus courante | Plus rare |
| Mobilité du pied | Conservée | Souvent limitée |
| Approche habituelle | Chaussage, soutien, exercices | Avis spécialisé recommandé |
Comment soulager et soutenir un pied plat ?
La prise en charge d’un pied plat douloureux repose surtout sur des mesures simples et progressives : des chaussures stables et bien maintenues, un soutien de la voûte, le renforcement des muscles du pied et, si besoin, un accompagnement médical. L’objectif n’est pas de recréer une voûte parfaite, mais de réduire la douleur et de mieux répartir l’appui.
Il faut garder une attente réaliste sur ces solutions. Le NHS précise que les chaussures adaptées et les semelles « ne changeront pas la forme de vos pieds », mais qu’elles peuvent aider à soulager la douleur et la raideur. Le soutien accompagne le pied, il ne le corrige pas définitivement.
L’infographie ci-dessous résume comment reconnaître un pied plat, ses causes fréquentes et les gestes qui aident à le soulager au quotidien.

Concrètement, plusieurs leviers se combinent :
- Des chaussures stables : semelle rigide sous la voûte, bon maintien du talon, à privilégier sur les modèles trop souples et plats.
- Un soutien de la voûte : les semelles de soutien répartissent l’appui et déchargent le tendon tibial postérieur.
- Le contrôle du poids : alléger la charge sur le pied limite l’affaissement.
- Le renforcement musculaire : des exercices ciblés tonifient les muscles qui soutiennent la voûte.
- Le repos et la glace en cas de poussée douloureuse, avant de reprendre progressivement.
En France, l’Assurance Maladie rembourse les semelles orthopédiques sur prescription, à raison d’une paire par an pour un adulte. Elle rappelle toutefois qu’elles ne sont pas indiquées pour des « troubles statiques asymptomatiques », l’orthèse plantaire « n’ayant pas de rôle préventif prouvé » dans ce cas. Autrement dit, on soutient un pied qui fait mal, pas un pied plat qui ne gêne pas.

Lorsque la cheville manque de stabilité ou que le pied part vers l’intérieur, une orthèse de cheville et de pied peut compléter le chaussage. Notre orthèse PlantarCare maintient l’arrière-pied et la cheville pour soulager la tension sur la voûte pendant la marche : c’est un soutien, elle ne corrige pas la déformation à elle seule et ne remplace pas un avis médical en cas de douleur persistante.
Quels exercices renforcent la voûte plantaire ?
Renforcer les muscles intrinsèques du pied et le tibial postérieur peut aider à mieux soutenir la voûte et à réduire la fatigue. Ces exercices se pratiquent pieds nus, quelques minutes par jour, sans forcer. Ils ne remplacent pas un avis médical, mais complètent utilement le chaussage et le soutien.
- Le pied court : assis, rapprochez la base des orteils vers le talon sans les recroqueviller, pour creuser la voûte quelques secondes.
- La serviette : attrapez une serviette au sol avec les orteils et ramenez-la vers vous.
- La montée sur la pointe des pieds : debout, montez lentement sur les orteils puis redescendez, en contrôlant le mouvement.
- Le roulement de balle : faites rouler une petite balle sous la voûte pour assouplir et détendre la plante.
Quand consulter un médecin ?
Un pied plat indolore ne nécessite généralement pas de consultation. En revanche, il est conseillé de demander un avis médical si des symptômes apparaissent ou s’aggravent. Le NHS recommande de consulter un médecin dans les situations suivantes :
- Vos pieds sont douloureux, raides, faibles ou engourdis.
- La douleur limite la marche ou vos activités quotidiennes.
- Un pied devient soudainement plat, surtout d’un seul côté.
- Vous vous blessez souvent ou vous ressentez des troubles de l’équilibre.
Un médecin généraliste, un podologue ou un médecin du sport pourra examiner votre pied, préciser la cause et proposer une prise en charge adaptée, parfois avec des semelles sur prescription ou de la rééducation.
Foire aux questions
Le pied plat est-il grave ?
Le plus souvent, non. Beaucoup d’adultes ont les pieds plats sans aucune gêne, et il n’y a alors rien à traiter. Le pied plat mérite l’attention lorsqu’il devient douloureux, qu’il s’aggrave rapidement ou qu’il touche un seul pied de façon soudaine.
Peut-on corriger un pied plat chez l’adulte ?
Chez l’adulte, on ne recrée pas vraiment la voûte, mais on peut soulager la douleur et améliorer le confort de marche. Chaussures adaptées, semelles de soutien, renforcement musculaire et perte de poids éventuelle aident à mieux répartir l’appui et à stabiliser l’évolution.
Les semelles orthopédiques sont-elles utiles pour un pied plat ?
Elles sont utiles lorsque le pied plat fait mal : elles soutiennent la voûte et déchargent le tendon tibial postérieur. En revanche, pour un pied plat indolore, l’Assurance Maladie rappelle qu’elles n’ont pas de rôle préventif prouvé. L’avis d’un professionnel oriente le choix.
Quelles chaussures choisir avec des pieds plats ?
Privilégiez des chaussures qui maintiennent bien le talon, avec une semelle ferme sous la voûte et un bon amorti. Évitez les modèles trop plats et souples qui laissent le pied s’affaisser. Un chaussage stable réduit la fatigue lors des longues journées debout.
Le pied plat empêche-t-il de faire du sport ?
Non, la plupart des personnes ayant les pieds plats pratiquent une activité physique sans problème. Un bon chaussage, un soutien de la voûte si nécessaire et une progression raisonnable suffisent généralement. En cas de douleur pendant l’effort, mieux vaut adapter l’activité et demander un avis médical.
À retenir
Le pied plat correspond à un affaissement de la voûte plantaire, fréquent et souvent bénin chez l’adulte. Il devient un sujet de préoccupation lorsqu’il provoque douleurs ou fatigue, généralement en lien avec le tendon tibial postérieur. Chaussage stable, soutien de la voûte, renforcement musculaire et, au besoin, orthèse aident à soulager, sans corriger la forme du pied. Une douleur qui persiste justifie un avis médical.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de douleur persistante, de gêne à la marche ou d’aggravation, consultez un médecin ou un podologue.
